Les émotions dans notre relation à l’environnement


Contexte

En Éducation relative à l’Environnement, les émotions sont sollicitées de manière spécifique. De par le caractère fondamental de notre relation sensible à l’environnement, d’abord. De par le caractère choquant des situations de crises ou de conflits liées à des problèmes environnementaux, ensuite. Du fait que les processus d’émancipation socioculturelle, de mise en action et de changement de comportement sur le long terme requièrent une gestion d’émotions souvent contradictoires, enfin.

Pourtant, si la thématique des émotions en éducation occupe une place cruciale, beaucoup d’animateurs, d’enseignants ou de parents se sentent mal équipés lorsqu’il s’agit de préciser comment identifier, mesurer et prendre en compte cette dimension émotionnelle dans les processus de sensibilisation, d’apprentissage ou de formation.

Pour construire un bagage de références en la matière, l’IEP et le Laboratoire de méthodologie de la géographie de l’ULg démarrent un programme de recherche collaborative sur ce sujet.

Les émotions dans notre relation à l’environnement
- Journée exploratoire -

Mercredi 31 mai
Sur le campus de l’Université de Liège (Sart-Tilman)

Au programme, des ateliers d’immersion en sous-groupes, des moments pour questionner des intervenants d’horizons divers, ainsi que des témoignages de pratiques de terrain.

Objectifs

  • Identifier les émotions liées aux multiples façons de percevoir, de concevoir et d’être en relation avec soi-même, avec les autres et avec l’environnement.
  • Rendre visible et discuter une diversité de pratiques pédagogiques en lien avec la thématique des émotions associées à notre relation à l’environnement.
  • Dégager des perspectives d’évolution des conceptions et des pratiques pédagogiques, à travers une réflexion collective et interdisciplinaire.

Programme

Première partie : Brefs exposés, questions-réponses et débat collectif avec

  • Jean-Claude Génot - Ingénieur écologue - Chargé de mission pour la protection de la nature au parc naturel régional des Vosges du nord – Journaliste nature et écologie – dans la lignée de F. Terrasson (Peur de la Nature).
  • Anna Tcherkassof - Responsable pédagogique du Master en psychologie à l’Université de Grenoble - Responsable de l’axe de recherche « Risque et adaptation au changement (RAC) ».
  • Corinne Mommen - Eco-pédagogue - Animatrice dans le secteur de l’Éducation au développement et de l’Éducation relative à l’Environnement - Associations Humus asbl et Terr’Eveille.
  • Vincent Wattelet - Psychologue - Animateur/Formateur en transition intérieure et en intelligences collectives - Associations Réseau transition et Terr’Eveille.

Deuxième partie : Ateliers pratiques et débriefing

Moment en sous groupe pour vivre un atelier reliant émotions et environnement. Suivi d’un échange afin de pousser la réflexion un cran plus loin.

  • Balade silencieuse, avec Gabriel de Potter (animateur/formateur Education-Environnement asbl)

Se promener en groupe en silence, c’est peut-être comme partager un repas sans un mot : culturellement impensable. Pas de parole, donc pas de partage. A-t-on tant à perdre à se taire ? Possible… C’est pourtant la proposition de cette promenade qui sera juste émaillée de quelques invitations à voix discrète. Un débriefing (verbal !) est prévu...

  • Stage d’abandon nocturne, avec Jean-Claude Génot (ingénieur écologue, écrivain)

Beaucoup de personnes affirment aimer la nature sans savoir véritablement ce qu’ils ressentent dans des conditions de nature sauvage. Or nos pays très urbanisés et dominés par les activités humaines n’offrent plus vraiment des milieux qui permettent une plongée expérientielle dans le sauvage. Pourtant il existe une manière de se confronter au sauvage : passer une nuit, seul, en forêt. Pourquoi la forêt ? D’abord parce que le sauvage vient de silvaticus qui signifie la forêt, ensuite la nuit permet de perdre ses repères habituels et de plonger chacun d’entre nous face à ses peurs, face à lui-même. C’est François Terrasson, maître de recherches au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris et auteur de « La peur de la nature » qui a initié ces stages qu’il avait nommés stages d’abandon nocturne. Mais que peut-on ressentir la nuit seul en forêt ? Ne pouvant vivre une activité nocturne en pleine journée, cet atelier se basera sur une expérience filmée.

Adeline Loodts, psychologue et écopédagogue, nous partagera son retour sur une immersion d’un an en tourisme aventure.

  • Travail qui relie, avec Corinne Mommen (animatrice/formatrice Humus asbl et Terr’Eveille) - Atelier complet

Comment la reconnaissance de nos émotions de tristesse, de colère, de peur ou d’impuissance face à l’état du monde peut être génératrice de solidarité, de créativité et d’engagement ? Le processus du "Travail qui relie" sera présenté et expérimenté pour s’ouvrir peut-être à de nouvelles manières d’aborder notre relation au monde.

  • Balade castors, avec Vincent Louwette (animateur nature Natagora)

Une balade nature à la découverte des traces de castors, du mode de vie de l’animal, de l’origine de son introduction et de son expansion, c’est plonger dans l’exceptionnel. Entrer un peu dans l’intimité de la nature « sauvage ». Mais quels impacts ce genre d’activité a-t-il réellement sur l’environnement ? Une sensibilité à la nature fait-elle de moi un protecteur de l’environnement ? Comment gérer la frustration si "on ne voit rien" ?

  • Masques : art, émotions et environnement, avec Frédérique Muller (responsable des projets « environnement » chez PointCulture) - Atelier complet

"A partir de déchets et de végétaux, fabriquez un masque pour exprimer une idée, un message, une crainte, un désir ou encore un projet concret pour l’avenir. Téléchargez ensuite votre portait masqué et votre message sur le site du projet et rejoignez alors les centaines de citoyens et personnalités du monde qui se sont déjà exprimé."

Voici comment est présenté le projet Maskbook de l’association Art of Change 21. En quoi la fabrication d’un masque permet-elle d’exprimer et de partager son engagement et sa réflexion ? Quel impact cela a-t-il ? Quelle est la plus-value d’un atelier participatif ? Quelle place pour l’échange dans cette démarche ? Quel regard porter sur le contexte d’épuisement des ressources et de changements climatiques ?

  • Posture de l’animateur en présence de ses émotions et de celles des participants, avec Vincent Wattelet (psychologue, animateur, formateur Réseau Transition et Terr’Eveille) - Atelier complet

En tant qu’animateurs, une partie de notre métier est de poser les constats, pour ensuite générer une réflexion lucide et critique, pouvant aboutir à des actions justes. Les nouvelles à partager (risque d’effondrement des écosystèmes, disparition des banquises, réfugiés climatiques...) ne sont pas seulement des informations à encoder, elles suscitent colère, angoisse, impuissance, désespoir, elles peuvent aussi provoquer agitation dans l’action, fuite en avant, repli, déni... Concrètement, comment accueillir et laisser circuler ces émotions... celles des participants, celles de l’animateur ? Quel cadre pose-t-on pour les reconnaitre sans y répondre, en leur donnant une juste place, ni déniée, ni envahissante, ni enfermante ?

La journée se terminera par un drink de clôture.  

Public

Cet évènement s’adresse à tout acteur éducatif se référant aux valeurs et aux finalités de l’éducation permanente et s’intéressant aux aspects psychopédagogiques de notre manière d’apprendre et/ou de se mettre en action (animateurs, éducateurs, enseignants, formateurs, guides, intervenants sociaux, de santé...).

Partenaire

Organisation en partenariat avec l’Université de Liège (Département de géographie).

Perspectives

Cet évènement inaugural a pour ambition de faire émerger des questions et de mettre en lumière des thématiques spécifiques qui seront explorées et approfondies par la suite, avec la perspective de développer de nouveaux savoirs et de faire évoluer les conceptions et pratiques pédagogiques.

Infos pratiques


Date : Mercredi 31 mai 2017
Horaire : 9h-17h30. Accueil dès 8h30. Drink de clôture.
Lieu : Université de Liège, campus du Sart Tilman, Quartier Village 4, Institut de géographie, B11 (plan). Parking : grands parkings A et B. Le campus du Sart Tilman est situé à une dizaine de kilomètres au Sud du centre-ville de Liège. Accès depuis la gare des Guillemins : bus 48 (arrêt Grands Amphis) ou 58 (arrêt Chimie Amphis).
P.A.F. : 15€ - sandwich et pauses inclus.
Évènement facebook.

Inscription 

Les inscriptions sont clôturées !

Traces

Article de retour du colloque : http://institut-eco-pedagogie.be/spip/spip.php?article488





Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles








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